Linux est, au sens restreint, le noyau de système d’exploitation Linux, et au sens large, tout système d’exploitation fondé sur le noyau Linux. Cet article couvre le sens large.

À l’origine, le noyau Linux a été développé pour les ordinateurs personnels compatibles PC, et devait être accompagné des logiciels GNU pour constituer un système d’exploitation. Les partisans du projet GNU promeuvent depuis le nom combiné GNU/Linux. Depuis les années 2000, le noyau Linux est utilisé sur du matériel informatique allant des téléphones portables aux super-ordinateurs, et n’est pas toujours accompagné de logiciels GNU. C’est notamment le cas d’Android, qui équipe plus de 80 % des smartphones.

Le noyau Linux a été créé en 1991 par Linus Torvalds. C’est un logiciel libre. Les distributions Linux ont été, et restent, un important vecteur de popularisation du mouvement open source.

Le terme GNU/Linux a été initié par le projet Debian créé par Ian Murdock et est défendu notamment par Richard Stallman, fondateur du projet GNU. Selon ses défenseurs, il est nécessaire pour créditer à la fois les développeurs de GNU et de Linux, afin d’éviter la confusion avec d’autres systèmes comme Android fondés sur Linux mais pas sur GNU.

L’usage du seul nom Linux, le plus répandu parmi le grand public, est défendu notamment par Linus Torvalds, créateur du noyau Linux. Le principal argument des promoteurs de cette appellation est l’argument de simplicité : « Linux » est plus court à écrire et prononcer que « GNU/Linux ».

Le , Richard Stallman annonce sur Usenet son projet de développer un système d’exploitation compatible UNIX appelé GNU1, en invitant la communauté hacker à le rejoindre et participer à son développement.

Dès 1985, certaines pièces maîtresses sont déjà opérationnelles : le compilateur GCC finalisé dès juin 19842, une version emacs compatible UNIX, etc. Au début des années 1990, le projet GNU possède ou a accès à une version utilisable de tous les éléments nécessaires à la construction d’un système d’exploitation à l’exception du plus central : le noyau.

Le projet GNU initie alors en 1990 le projet de production d’un noyau nommé Hurd. Cependant, Hurd ne dépassera jamais réellement le stade de curiosité de laboratoire de recherche, et en 1991, GNU n’est toujours pas complètement opérationnel à cause de ce manque.

En 1991, l’étudiant finlandais Linus Torvalds, indisposé par la faible disponibilité du serveur informatique UNIX de l’université d’Helsinki, entreprend le développement d’un noyau de système d’exploitation, qui prendra le nom de « noyau Linux ».

Le , il annonce sur le forum Usenet news:comp.os.minix [archive] le développement du noyau Linux3.

Linus Torvalds choisit rapidement de publier son noyau sous licence GNU GPL. Cette décision rend compatibles juridiquement les systèmes GNU et Linux. Dès lors, pour combler le vide causé par le développement inachevé de Hurd, GNU et le noyau Linux sont associés pour former un nouveau système d’exploitation (parfois considéré comme variante de GNU) : GNU/Linux ou Linux.

À l’origine, l’installation d’un système opérationnel GNU/Linux nécessitait des connaissances solides en informatique et obligeait à trouver et installer les logiciels un à un.

Rapidement, des ensembles de logiciels formant un système complet prêt à l’usage ont été disponibles : ce sont les premières distributions GNU/Linux. On peut citer par ordre chronologique4 :

Dans la prise en compte progressive de l’intérêt commercial de GNU/Linux, on peut citer quelques manifestations :

  • le lancement en février 1998 de l’Open Source Initiative
  • l’annonce en juillet 1998 du support d’Oracle Corporation, qui porte et supporte sa célèbre base de données sous GNU/Linux
  • l’entrée en bourse de Red Hat le 11 novembre 1999 ; celle de Geeknet — alors appelé « VA Linux » — le mois suivant qui marque le sommet d’une bulle spéculative
  • le support massif apporté par le géant IBM, qui y dépense son premier milliard de dollars en 20015, emploie en 2005 près de trois-cents développeurs du noyau Linux, et organise à partir de 2003 la riposte légale lors de l’attaque du SCO Group qui affirmait posséder des droits d’auteurs sur le noyau Linux (voir l’article SCO contre Linux) ; l’acquisition en octobre et novembre 2003 de Ximian puis de SUSE par l’entreprise américaine Novell6.

C’est dans le monde des serveurs informatiques que GNU/Linux a eu le plus d’impact, notamment avec le très populaire LAMP. Sur les serveurs, GNU/Linux a souvent été utilisé pour remplacer d’autres systèmes de type Unix ou éviter l’achat de licences Windows NT et se retrouve être un des acteurs majeurs. Dès 2003, Microsoft semble faire appel lui-même en partie à GNU/Linux7.

La différence essentielle de GNU/Linux par rapport à d’autres systèmes d’exploitation concurrents — comme Mac OS, Microsoft Windows et Solaris — est d’être un système d’exploitation libre, apportant quatre libertés aux utilisateurs, définies par la licence Licence publique générale GNU (GPL), les rendant indépendants de tout éditeur et encourageant l’entraide et le partage.

Un logiciel libre n’est pas nécessairement gratuit, et inversement un logiciel gratuit n’est pas forcément libre8. Ce ne sont pas non plus des logiciels libres de droits : c’est en vertu de leurs droits d’auteurs que les contributeurs d’un logiciel libre accordent les quatre libertés, qui sont d’« utiliser le logiciel sans restriction », d’« étudier le logiciel », de le « modifier pour l’adapter à ses besoins » et de le « redistribuer sous certaines conditions précises », leur non-respect pouvant conduire à des condamnations9.

Certaines licences sont fondées sur le principe du copyleft, c’est-à-dire sur le principe de réciprocité : une œuvre dérivée d’un logiciel sous copyleft doit à son tour être libre. C’est le cas de la licence libre la plus utilisée, notamment par le noyau Linux lui-même : la licence GNU GPL écrite par Richard Stallman.

L’ouverture du code source, l’un des quatre critères correspondant à la notion de logiciel libre, a des avantages théorisés entre autres par Eric Raymond, comme la correction rapide des bogues, et notamment la correction des failles de sécurité. C’est le refus du principe de sécurité par l’obscurité.

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